Millevaches 2009



  Les MILLEVACHES ont toujours été pour moi synonyme de frustration car c’est un rassemblement qui a eu lieu, ouvert à tous de 1969 à 1974, puis ensuite organisé sur invitation et finalement abandonné en 1979, auquel je n’ai jamais participé. J’ai eu le permis moto en Décembre 1971, en Bretagne, et lors de mes débuts, j’avoue avoir été quand même plus sportif que routier. J’ai débuté par une 175 MOTOCONFORT que j’avais équipée sport (siège dosseret, commandes reculées, guidon italien…) et ensuite j’ai eu, et toujours en Bretagne, une 250 DUCATI, pas vraiment des machines avec lesquelles on acquiert l’état d’esprit nécessaire et indispensable pour aller sereinement aux MILLEVACHES ou aux ELEPHANTS.

  Après être venu à SOISSONS en DUCATI, moto avec laquelle je suis même allé jusqu’en Hollande avec Christiane, lorsque j’ai acheté ma première grosse moto routière, une B.M.W R60/5, en 1975, le rassemblement des MILLEVACHES se faisait sur invitation, mais je me souviens fort  bien avoir lu les comptes-rendus des éditions passées dans la presse spécialisée  que  j’achetais  en  quantité  en  ce temps-là et j’ai encore en mémoire la vision de la neige sur les photos de l’époque. Je suis allé aux ELEPHANTS, en Allemagne, en 1975, 76 et 77, dernière année de l’organisation sur le circuit du Nürburgring, ainsi qu’en Autriche, sur le circuit du Salzburgring, en 1986, l’avant-dernière année où il  s’est organisé là, mais jamais à SOLLA ou aux MILLEVACHES.

  Lorsque, en Août  dernier, Jean-Jacques DURET m’a proposé de l’accompagner aux MILLEVACHES, en Corrèze, en Décembre 2009, comme passager de son side-car MuZ-Vélorex 500 (ex-Jean-Luc SAULNIER), à moteur ROTAX, j’ai été fortement surpris car je n’avais pas appris la résurrection de ce rassemblement mythique et très heureux également, d’autant plus que je venais de vendre mon attelage B.F.G / POIRAUD.



   Jean-Jacques habitait la Creuse au début des années 70 et les MILLEVACHES n’étaient pour lui qu’à 80 kilomètres, il a donc pu y aller en Mobylette, en 1971. Ayant vendu son attelage routier MOTO-GUZZI récemment, il ne pouvait s’y rendre là qu’avec son side-car MuZ-Vélorex 500, mais cet attelage était chez ses parents, en Creuse, ce qui nous aurait fait faire le plus gros du chemin en voiture. Cependant, par honnêteté, il nous avait inscrits comme venant de PIERREFITTE, en Creuse. Mais cet état de fait était indépendant de notre volonté et on n’allait quand même pas faire le tour de la France auparavant, en MuZ, pour mériter de participer aux MILLEVACHES.

  Jean-Jacques a appris très tôt la renaissance de ce rassemblement et il nous a inscrits, tous les deux, dès le début, fin Août. C’est Jean-François D’ABRIGEON, de MARSEILLE, sur un attelage TRIUMPH, qui s’est inscrit le premier. Le MuZ-Vélorex 500 de Jean-Jacques était le 4° véhicule inscrit, Jean-Jacques était la 5° personne sur la liste et moi la 6°. Lorsque j’ai regardé la liste des inscrits, le 20 Septembre, seulement 19 personnes y figuraient, dont quelques-unes m’étaient connues, telles que Brigitte MASSA et Jean-Marc CAVALLINI. Les véhicules allaient des ZEUS de Jean-Louis COSTE, Gilbert MAHE et Rudy FISSEUX, au 50 cm3 PEUGEOT BB Sport de Ludovic MURAT, de la Haute-Vienne. Plus tard, Elliott PORRA, de la Saône-et-Loire, s’est inscrit avec un APRILIA 50 RS. Je tenais à citer ces valeureux jeunes motards et je vous parlerai plus loin de tels autres si jamais j’en voyais lors du rassemblement.

  Un peu plus tard, j’ai pu voir les inscriptions de Gérard PLANCHON qui m’avait ré-initié au side-car au MANS, après mon très grave accident du “Tour de France side-car 87” et de bien d’autres connaissances, dont beaucoup que je n’ai pas vu depuis plus de 20 ans ! Que le temps passe vite ! Je ne pensais pas faire l’énumération de ceux-ci dans ce texte, mais on m’a convaincu du contraire, je le ferai donc plus loin. En tout état de cause, je me suis rendu compte que j’aurai énormément de monde à saluer là-bas.

    Dominique ENGLER a ensuite émis le souhait de nous accompagner et de confier le pilotage de son side-car YAMAHA 900 XJ / WATSONIAN Palma à Jean-Jacques, car elle avait quelques soucis physiques. Elle a été la 151° à s’inscrire. Début Novembre, nous étions 500 et je commençais à redouter des problèmes d’intendance. Tous les jours la liste des inscrits grossissait et un mois plus tard, le millier de participants a été dépassé. Le M.C Meymacois a alors cessé les inscriptions au début du mois de Décembre,  après celle de Gilbert GIREMUS, de SALVIAC (46), sur Goldwing 1800, il était le 1.050° individu. Patrice PHILIPPEAU et Michèle LE SAUSSE ont eu de la chance, ils ont été les 1.028 et 1.029°. Cela donne en tout 732 motos, autant de pilotes évidemment et 318 passagers ou passagères. Parmi ces 1.050 personnes, 39 seulement ont participé à l’une des éditions passées, ou du moins s’y étaient inscrites à l’époque, et l’inscription 2009 leur est offerte. Vous pourrez consulter la liste des participants sur le site du M.C Meymacois : http://www.mc19meymac.com/.../les-millevaches-2009-les-inscrits-t2193.htm. (CTRL + clic sur ce lien et un autre lien utile s'affichera en haut de l'écran). Ceux qui ont participé, ou plutôt qui s'étaient inscrits, aux édition des années 70, sont notés en couleur.

  J’ai alors pris un peu peur car j’ai craint que les organisateurs ne soient débordés par le nombre de participants ! Je m’imagine mal, en effet, personnellement, gérer un tel afflux. Toutefois, il est probable que certains iront coucher à l’hôtel et ne passeront que dans la journée histoire de pouvoir dire ”j’y étais”, comme c’est écrit sur l’écusson brodé, mais quand même ! Comme d’habitude, certains traverseront la France en voiture avec la moto sur une remorque et feront les derniers kilomètres dessus, mais ça, c’est dans l’air du temps et c’est hélas inévitable !

  L’information a difficilement traversé les frontières car il n’y a eu que deux motards suisses et trois belges qui se sont inscrits, alors que tous les drapeaux européens figuraient sur l'invitation (voir l'image avant le début du texte).

  Bien sûr il fallait s’inscrire et payer 12 Euros à l’avance et le lieu de l’organisation n’était pas indiqué, mais le lieu d’un rendez-vous à quelques kilomètres de là, à MEYMAC, ville où se trouve le siège du M.C Meymacois qui organise, afin d’organiser un cortège, que j’ai bien du mal à imaginer, pour arriver tous ensemble sur le lieu où se tenaient finalement les MILLEVACHES, alors que la nuit tomberait, était publié et rien ne pouvait bien sûr empêcher quiconque d’y venir, sans s’inscrire au préalable et même de faire fi de la clôture des inscriptions.

  Le Dimanche 6 Décembre, le Moto-Club de MEYMAC, dénommé “The Rare Birds” (les oiseaux rares en anglais), vainqueur du championnat de France de tourisme 2009 de la F.F.M, après avoir eu l’autorisation de camper dans les champs de l’autre côté de la route, a repoussé le nombre d’inscriptions à 1.200 et ce sont finalement 1.166 motards qui se sont inscrits.

  Une polémique s’est alors installée entre le M.C de MEYMAC, club dont le siège est voisin de la ville de MILLEVACHES (15 kilomètres) et le M.C 95, club parisien,  organisateur originel du mythique rassemblement en 1969, club présidé à l’époque par le regretté Michel PERDRIX, décédé en 1971, secondé par son épouse Annick. Chacun revendiquait l’organisation des nouveaux MILLEVACHES.  Un dialogue a commencé à s’instaurer sur le Net entre le parisien Dédé95 et le Corrézien Bill19, mais les pourparlers ont fini par disparaître de l’écran et ont dû se poursuivre dans la discrétion. En tout état de cause, il était réclamé un nouveau nom, un nouveau logo ainsi qu’une autre médaille pour le rassemblement du M.C de MEYMAC car le M.C95 aurait apparemment décidé, lui aussi, d’organiser une autre concentre des MILLEVACHES en Janvier ou Février 2010. C’est encore l’éternelle bagarre entre clubs affiliés et clubs pirates, ces clubs qui refusent d'avoir des comptes à rendre à une autorité motarde supérieure ! Il aurait été si simple de s’unir ! Le M.C de MEYMAC a pourtant fait un effort en offrant l’inscription aux participants des premières éditions, alors qu’il ne les avait pas organisées lui-même !

  Première chose à faire, aller chez Jean-Jacques, à La FERTE-sous-JOUARRE, afin de nous rendre tous deux chez Dominique pour  partir ensemble sur son attelage, c’est ce que je fais le Jeudi 10 Décembre. Le lendemain,  départ donc de MITRY-MORY  à 09H15 par la Francilienne, tranquille dans notre sens, mais bien encombrée, voire bloquée par moments, avec des voitures cul à cul sur pas mal de kilomètres, en direction du nord.

  C’est parti pour faire les 535 kilomètres qui nous séparent de MEYMAC  Je suis le passager du side-car de Dominique qui a pris place derrière Jean-Jacques qui déteste l’autoroute et qui nous emmène par les nationales, notamment la Nationale Sex, pardon… Nationale sept, mais au vu de tous les camping-cars garés à proximité et de toutes ces dames qui font le pied de grue (sans jeu de mots) ou bien qui arpentent les bas-côtés de la route en tenue de combat, le lapsus était inévitable (ne cherchez pas, il n’y a pas de jeu de mots avec “lapsus”).

  Nous déjeunons au Mac’ DO de GIEN puis reprenons la route, sans encombre. Nous verrons même des chevreuils traverser la route devant nous en arrivant à GOUZON. Erreur de livraison, ce ne sont pas 2 chevreuils, mais mille vaches que nous espérons !

  Nous arrivons chez les parents de Jean-Jacques un peu après 15 heures. Accueil fort chaleureux comme de coutume, bien que des problèmes de santé les accaparent tous les deux ! Un autre problème est que la batterie du 500 M.Z avait été déposée, sans la recharger, et est très faible. Jean-Jacques décide de la mettre en charge et propose que nous revenions demain matin pour la remonter. Michel, le frère de Jean-Jacques, nous rend visite, entre deux travaux de la ferme familiale.

  Nous nous rendons donc à GOUZOUGNAT, à quatre kilomètres de là,  par un parcours fléché sur la fin, aux alentours de l’étape-gîte que le “Side-Car Club Français” s’était proposé d’organiser. Nous retrouvons là notre Président, Jean BUTEZ, ainsi que Stéphane FAUCHEUX venu de Normandie avec Manu RENOUARD.

  Excellent accueil de l’équipe locale de GOUZOUGNAT, petit bourg rattaché à GOUZON dans lequel vivent Patrick PILAK, un jeune agriculteur, cousin de Jean-Jacques, qui possède un side-car M.Z, et sa charmante épouse, Paulette. Ils sont passés nous voir, mais ne pourront pas dîner avec nous, étant invités ailleurs à un repas officiel.

  Nous attendons la venue d’Alain GROSSIN, de FILINGES en Haute-Savoie, sur son YAMAHA 900 XJ/JEWELL puis, avec quelques jeunes du village, nous prenons l’apéro ainsi que le repas préparé par la dynamique équipe locale pour six Euros.     

  L’accueil de GOUZOUGNAT se compose de deux bâtiments, un moderne contenant une grande cuisine ouverte sur une salle de 20 mètres sur 10 environ. L’autre bâtiment, plus âgé, contient, au rez-de-chaussée, une grande salle pouvant contenir une vingtaine de matelas pneumatiques, avec toilette attenante. Il y a eu très peu de side-caristes qui ont profité de cette étape proche de MILLEVACHES, mais elle deviendra, je le pense, une étape inévitable dans les prochaines années, en tout cas elle le mérite. En effet, elle nous fait arriver tôt le matin à MILLEVACHES, frais et dispo, plutôt que tard la veille et fatigué et il n’y a pas à monter la tente, mais il ne faut pas craindre la “promise cuitée”.

  Le lendemain, afin d’aller rejoindre la ferme des parents de Jean-Jacques, Dominique propose de faire un essai de pilotage de son attelage. Elle a bien fait de faire ce petit essai préalable, car elle a un problème de canal carpien à son poignet gauche à cause de la maladie de Raynaud dont elle est atteinte  et débrayer est une souffrance pour elle. Elle préfère que Jean-Jacques continue de conduire les 80 kilomètres qui restent pour aller jusqu’au bout, d’autant plus que la route va devenir de plus en plus difficile.

  Ce sont donc quatre side-cars qui font route commune pour la dernière étape et nous arrivons finalement à MEYMAC, en Corrèze. Je suis surpris de ne pas voir beaucoup de motos en ville et d’en voir si peu près du rendez-vous. Mais il est vrai que nous y sommes de bonne heure en ce Samedi matin et que beaucoup, sans doute, auront préféré se rendre d’eux-mêmes au rassemblement plutôt que d’attendre le départ groupé du soir qui me paraît difficile à mettre en place.

  Peu de monde également à l’inscription, contrairement à ce que j’avais imaginé, où deux bureaux ont été installés dans la salle des fêtes communale, un pour les départements d’origine dont le numéro est inférieur à 50 et un autre pour les suivants. Comme les inscriptions avaient été acquittées à l‘avance, c’est en un tour de main que l’affaire est réglée après avoir surligné de jaune nos noms sur le document comportant celui de tous les inscrits.

  Je trouve que le système a des limites car n’importe qui pouvait prendre la place de n’importe quel autre qui avait payé et dont le nom figurait sur le Net. Aucune vérification d’identité n’était faite ! J’en ai vu qui voulaient prendre la place de certains qui s’étaient inscrits et qui auraient finalement décidé de ne pas venir et heureusement qu’ils ne l’ont pas fait car ces personnes étaient revenues sur leur décision et étaient finalement là ! Je crois qu’il serait bien de rajouter dans le prix de l’inscription la valeur d’une enveloppe et d’un timbre et d’envoyer un reçu à chaque inscrit. On y gagnerait en temps et en sérénité. Seuls ceux qui auraient oublié ou bien égaré leur reçu auraient à prouver leur identité.

  On remet à chaque inscrit une pochette en nylon contenant un joli dépliant sur MEYMAC, un autocollant, une superbe médaille millésimée, un sandwich, une boisson et des tickets pour une boisson et le petit-déjeuner. Pour 12 Euros, ce n’est vraiment pas du vol ! Un écusson brodé est également en vente pour  quelques Euros  Nous décidons alors de nous rendre sur le lieu des agapes et c’est là que Jean BUTEZ nous quitte, sur son attelage, car sa condition physique présente ne lui permet pas actuellement de dormir sous la tente, dans le froid.

  Deux parcours sont proposés pour se rendre à MILLEVACHES, un direct long de 15 kilomètres environ ou un parcours touristique de 24 kilomètres sur lequel s’engage Jean-Jacques par inadvertance. Il a bien fait car je crains que les organisateurs n’aient point prévu une petite balade touristique groupée afin de visiter la région. Les premiers auraient peut-être été de retour de cette balade avant que les derniers ne soient partis. Le parcours, entièrement fléché, traverse une région totalement boisée. La route, sinueuse à souhait, est jonchée de feuilles mortes et les curiosités sont indiquées sur des petits panneaux sur les bas-côtés de la route. Je me souviens en particulier d’un superbe panorama sur le côté droit.

  En arrivant à MILLEVACHES, nous avons une vue magnifique en surplombant le terrain tant convoité qui contient déjà pas mal de tentes. Les terrains plats n’existent pas dans la région et le camping se fait sur les deux versants de collines d’une dizaine de mètres de dénivelé chacune. La vue d’ensemble est très jolie, mais cela nous oblige à planter la tente de travers. Nous choisissons de nous positionner dans le sens de la pente, c’est à dire la tête en haut et les pieds en bas afin de ne pas rouler les uns sur les autres au cas où nous aurions fait un autre choix perpendiculaire au premier. Nous plantons nos trois tentes côte à côte, près de l’extrémité du 2° chapiteau rempli de tables et de bancs.



  Stéphane a apporté des billes de bois, de 50 cm de longueur et de 30 environ de diamètre, percées sur pratiquement toute la longueur en leur centre avec un autre trou perpendiculaire qui rejoint le premier et qui débouche sur le côté. Il devait verser du combustible à travers l’un des trous et l’allumer, afin de nous apporter un moyen de chauffage pour nous et notre nourriture, mais malgré de nombreuses tentatives, il n’a pas réussi à les allumer. La photo ci-dessous montre Stéphane en train d’effectuer ce travail lors du premier apéro.



  Nous faisons alors un tour du terrain en quête de connaissances mais nous ne pouvons pas faire dix mètres sans en rencontrer une et cela nous ravit ! On se rend compte que la moyenne d’âge est malgré tout fort élevée et avoisine certainement la cinquantaine. Ce n’est pas un rassemblement de gamins, ni de mickeys !

  Rendons toutefois hommage aux nombreux jeunes cyclomotoristes venus en PEUGEOT, M.B.K, FLANDRIA, MALAGUTTI, APRILIA, TESTI et autres scooters 49,9 cm3. J’en ai vu arriver à maintes reprises, mais ils se sont dispersés sur le terrain et je ne les ai jamais revus.



  Vers 16 heures, le terrain principal est complet. Un deuxième, de l’autre côté de la route est ouvert et nous nous y rendons. Quelques tentes ont été plantées sur sa partie plane dans le bas, mais le temps de s’y rendre et de saluer, entre autres, Gérard PLANCHON et Thierry VAN DEN BOSCH, d’INISIDE au MANS, lorsque nous remontons le terrain, il est pratiquement complet à son tour. Un troisième terrain est alors ouvert et nous pourrons y compter environ une centaine de tentes.



  Deux grands chapiteaux de trente mètres de longueur sur quinze de large ont été dressés en haut du terrain principal. Sous le premier, un bar en prend toute la longueur et est occupé en permanence sur 3 ou 4 rangs. Toutes les boissons sont au tarif unique de un Euro. Cela reste raisonnable et évite la monnaie. Sous le deuxième, sans éclairage, une centaine de tables et de bancs attendent les convives.

  C’est lorsque nous nous y installons pour dîner que les organisateurs pensent à l’éclairage. Ils installent une grande guirlande d’ampoules multicolores, mais du côté opposé au nôtre et nous ne pourrons pas en profiter. Mais, à la guerre comme à la guerre, nous ne nous plaignons pas, il y a pire sort que le nôtre !

  Nous dînons avec les pommes de terre que Jean-Jacques avait prises chez ses parents, dans sa récolte personnelle, qu’il avait amoureusement emmaillotées dans du papier alu et qu’il n’avait mises à cuire dans la braise d’un feu de camp que nous avions allumé puis déplacé d’un mètre environ car quelques flammèches s’en échappaient à cause du vent et certaines se dirigeaient vers nos tentes, en particulier celle d’Alain, en nylon, allant jusqu’à y faire un petit trou.

  Les organisateurs offrent à tous et toutes la quantité de bois dont ils ou elles ont besoin pour leur feu. Un gros tas de bois avait été déposé près de l’entrée du terrain principal et des membres de l’organisation ont joué de la tronçonneuse en permanence pour nous servir (voir la photo). J’en ai vu faire des allers et retours sur le terrain, le side-car ou le porte-bagages rempli de bûches ou encore à pieds s’ils n’étaient pas loin.



   Quelques motards ont fini par s’installer plus tard entre nos tentes et le chapiteau et ont squatté notre feu pendant notre absence.

  Ce genre de rassemblement est un vrai paradoxe qui ne se retrouve nulle part ailleurs, excepté chez les side-caristes où Jean-Jacques avait instauré, il y a une trentaine d’années, un tel  principe d’organisation dans lequel chacun doit amener à manger. Chacun, donc, devait y amener sa nourriture, sa tente, son couchage, sa bonne humeur et sa sympathie. Il est curieux de voir que cela devait correspondre à une attente vu le nombre de motards qui se sont inscrits ou pas, mais qui sont venus. Sur un reportage de FR3 Limousin que nous avons pu voir après coup chez les parents de Jean-Jacques, Madame le Maire de MILLEVACHES a annoncé que ce sont 1.700 personnes qui ont participé à ce rassemblement 2009.

  Comme les inscriptions avaient été d’abord closes après l’inscription de la 1.050° personne, début Décembre, puis repoussées jusqu’à 1.166 la semaine suivante, ce seraient donc quand même plus de 500 personnes qui sont venues sans s’inscrire. De toute façon, le lieu du rendez-vous, MEYMAC, était publié sur le site web dédié au rassemblement et le parcours pour se rendre à MILLEVACHES était fléché à partir de là. N’importe qui donc pouvait y venir sans s’inscrire et il y en avait d’ailleurs dans notre équipe. Par contre, j’en ai rencontré d’autres à MEYMAC qui m’ont dit ne pas avoir pu s’inscrire à temps et que, afin de ne pas léser les véritables inscrits, ils avaient décidé d’aller à l’hôtel ! Excuse en bois… quand tu nous tiens ! La place n’était pas limitée sur le rassemblement et il n‘était pas écrit sur notre front que nous étions inscrits !



  Voici donc les noms de celles et ceux que j’ai pu voir sur le terrain et que je n’ai peut-être pas encore cité(e) : Didier et Laurence RENAUX, leurs deux filles et leurs conjoints, Jean-Claude VOGEL venu encore une fois sur un trois roues de construction personnelle (photo ci-dessus), Charly ROUANET (A.S.F Midi-Pyrénées), Jean-Louis et Joëlle HAIGLE, visibles sur la 5° photo ci-dessous, Patrick, visible sur l'avant-dernière photo, et Nanou GRAEFF (j'allais dire "qui sont restés habillés", mais Patrick m'a envoyé une photo de Nanou qui a posé culotte dans la nature vu l'état des w.c. Ils m'ont autorisé à la publier et elle est à la fin car on garde toujours le meilleur pour la fin), Christian et Christiane ROCHE, Jean MARECHAL, Dominique et Frédéric PONS autrement dit Minouche et Minouchon, Joël PICTON, Le Moto-Club SEMAPHORE de SOISSONS, emmené par Rudy CIRY, Dominique DEMORY, Philippe PLUCHART et Philippe TIQUET des Side-Cars du Détroit, Christian GOUDARD (à l’origine de la vente récente de mon attelage), Patrice PHILIPPEAU et Michèle Le SAUSSE, Jean-Marc CAVALLINI et ses deux fils, Pascal BECU, Olivier GEORGES et “Les Paniers Comtois”, Philippe et Anne-Marie COAT, qui  disent n’être venus que pour nous voir (merci !), Francis FOSSE et William LACHAMBRE. La liste n’est pas vraiment exhaustive car j’en ai peut-être, et même certainement, oublié(e)s et je leur demande bien pardon. Toutefois ils, ou elles, peuvent m’envoyer un e-mail et je les rajouterai si ils ou elles me disent où et quand nous nous sommes vus !



  Le gros (très gros) problème, pour beaucoup, a été les toilettes et là je n’hésite pas à mettre un zéro à l’organisation ! Trois w.c démontables, dont un qui ne s’ouvrait pas (celui du milieu), pour 1.700 personnes, installés à l’entrée… la galère ! De nombreux motards des deux sexes se sont évidemment soulagés dans la nature proche, voir la dernière photo, et d’autres, comme moi, se sont retenus ! Pour une telle manifestation, il faut des caravanes w.c, c’est un minimum, quitte à avoir une dame-pipi que l’on rémunère et qui tient les lieux propres ! Il vaut mieux ne rien avoir que ces pseudos w.c fort sales !



  Le Samedi soir, nous décidons de tous manger ensemble sous le chapiteau tout près. Les familles HAIGLE et GRAEFF nous rejoignent et le chapiteau se remplit peu à peu, finalement totalement et dans la pénombre, excepté le côté opposé au nôtre, là où il n’y a pas de tables ! Mais nous sommes à l’abri et assis sur des chaises, que demande le peuple ?



  C’est au cours du dîner que j’entends Alain GROSSIN (qui porte des lunettes ci-dessous et qui est près de Jean-Jacques) parler de NANTES. Je lui en demande les raisons et il me dit qu’il y a habité dans sa jeunesse. Je lui dis que je connais bien également cette ville car j’étais interne d’un certain lycée nantais de 1969 à 1972. Figurez-vous qu’il a suivi des études dans ce même lycée à partir de l’année suivante. Le monde est quand même petit !




  Vers 22 heures, je m’en vais dans la tente chercher mes médicaments du soir. Près du chapiteau, je vois un motard couché dehors, par terre dans son duvet, entre deux remorques, alors qu’il gèle. En revenant j’en parle à Jean-Jacques qui s’en va prévenir l’organisation. Une infirmière et un gars de l’organisation sont venus le chercher et l’ont emmené près d’un feu.



  Me réveillant naturellement à 5 heures chaque matin, je vais me coucher à 22 heures pour dormir un peu. Jean-Jacques et Dominique me rejoignent environ une heure  plus tard. Comme je vous le disais, le terrain est en pente vers les pieds et c’est au fond de mon duvet que je me réveille à cinq heures. Je me surprends à trembler alors que je ne perçois pas du tout le froid. J’entends maintes conversations toutes proches et surtout quelques-uns qui s’amusent à faire des ruptures moteur (accélérer, couper l’allumage électriquement, mettre 2 ou 3 coups de gaz et remettre l’allumage en service. Les gaz non brûlés bruleront en un instant dans une grosse explosion). Je patiente dans mon duvet et à sept heures pétantes, c’est le calme absolu ! Je me lève donc et je vois à nouveau notre motard d’hier soir se réveiller dans son duvet, sur le sol, dehors, au même endroit. “C’est bien, il ne fait pas froid !” me lance-t’il ! Tout est relatif mon ami, car il a gelé de -5° à -10° à différents endroits du terrain, dixit FR3 !

  Je me rends au petit-déjeuner avec mon ticket idoine. On me remet un verre de café et une part de quatre-quarts. La réserve de café paraît importante, toutefois il y aura un quart d’heure d’attente à un moment.



  Je fais ensuite un tour des 3 terrains pour voir ce que je n’ai pas vu hier. C’est un véritable salon ambulant de la moto. Il y en a pour tous les goûts et surtout toutes les bourses, des motos modernes et des anciennes, solo ou side-car, voire trikes. Cela va du cyclomoteur aux deux SIDE-BIKE Celtik qui sont arrivés ensemble (voir ci-dessus). Ce Dimanche, j’aurai l’occasion de rencontrer la dame qui exerce la fonction de Maire de MILLEVACHES qui me dit que tout s’est fort bien passé malgré la multiplication par presque 19 du nombre des résidents de la commune de MILLEVACHES lors de ce week-end.




  Le jour est à peine levé que beaucoup prennent déjà la route du retour. L’organisation commence également à remballer aussi les tables et les bancs. Nous avions prévu de déjeuner à l’abri ce midi, mais c’est peine perdue. Nous démontons donc nos tentes également et chargeons nos montures.

  Nous quittons MILLEVACHES vers 11 heures pour faire étape chez les parents de Jean-Jacques, comme à l’aller, avec apéro chez Michel et Anne-Marie,  frère et belle-sœur de Jean-Jacques, avant de rejoindre la région parisienne avec, à nouveau, un déjeuner chez Mac’ DO à GIEN. Cette fois, à sa demande, j’ai échangé ma place avec celle de Dominique qui s’allonge de tout son long dans son panier.

  En conclusion : un week-end super, mais vraiment super de chez super, un rassemblement comme j’en ai rarement faits, bien trop court pour voir tout le monde tant l’espace occupé est important, mais des w.c à revoir (j’y tiens !). Un seul regret qui n’incombe pas aux organisateurs : le manque de neige alors qu’elle est arrivée en abondance quatre jours plus tard sur tout le territoire ! Le millésime 2009 de la médaille comporte des trous à sa base pour y accrocher les suivants. L’édition 2009 j’y étais… l’édition 2010 j’y serai, du moins je le souhaite !

P.S : une grande partie des photos qui illustrent cet article proviennent de l’appareil de Jean-Jacques DURET dont le dateur a quelques années de retard.

Paul MEIGNEN


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